Le Syndicat des infirmier·e·s (SATSE) a dénoncé ce mardi la « menace pour la santé » que représente l’intrusisme professionnel et les pseudosciences en physiothérapie et a critiqué que les administrations compétentes ne déploient pas toutes les actions de contrôle et de sanction nécessaires pour mettre fin à ces « pratiques illégales ».
À l’occasion de la Journée Internationale de la Physiothérapie, le syndicat affirme que l’activité de personnes qui agissent comme si elles étaient physiothérapeutes dans des centres privés ou à domicile et dans d’autres installations constitue une « escroquerie évidente » réalisée dans le seul but d’obtenir un avantage financier et qui nuit également aux professionnels de la santé formés pendant quatre années pour ce métier, ainsi qu’aux personnes qui y reçoivent des soins.
SATSE a expliqué que le Code pénal qualifie ce type de pratique de délit d’intrusion professionnelle et a rappelé que la Justice a condamné à plusieurs reprises des personnes pour réaliser des actes propres à la physiothérapie sans détenir le diplôme officiel correspondant.
Selon le syndicat, la raison pour laquelle ces pratiques ne sont pas encore réprimées réside dans l’absence d’intervention appropriée de la part des administrations. « Comme cela se produit aussi dans d’autres secteurs professionnels, l’inspection, le suivi et la surveillance nécessaires pour mettre fin à ce problème font défaut », a-t-il détaillé.
Par conséquent, il a demandé de la rigueur et une collaboration de la part de tous ceux qui connaissent ce type de pratique et que les administrations autonomes et locales « ne soient ni laxistes ni permissives » et mettent en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer et améliorer les procédures d’autorisation, d’inspection et de contrôle de tous ces centres ou installations qui prétendent offrir des services de physiothérapie.
RISQUES LIÉS AU MANQUE DE QUALIFICATION
« Seuls les professionnels titulaires du diplôme de Physiothérapie peuvent réaliser de manière correcte, sûre et satisfaisante l’ensemble des actes et traitements appropriés à la récupération, à la préhabilitation, à l’habilitation, à la réhabilitation et à la réaptation des personnes souffrant de pathologies, dysfonctionnements ou handicaps », a souligné le syndicat.
À cet égard, il a averti que l’absence de qualification et d’habilitation pour ce type de pratiques laisse l’utilisateur « totalement sans défense » en cas d’incident ou d’effet indésirable. Selon lui, les « pseudo-fisiothérapeutes » ne peuvent pas démontrer les connaissances nécessaires pour réaliser, par exemple, une évaluation clinique, identifier les contre-indications, détecter les signes d’alerte, choisir le traitement approprié ou intervenir en cas de complications potentielles.
De plus, il a averti qu’un traitement inapproprié peut aggraver la blessure ou la maladie de la personne qui se rend dans un centre où elle croit être prise en charge par un professionnel qualifié et habilité légalement. Cela peut aussi provoquer un retard préjudiciable dans sa récupération, en appliquant des techniques inappropriées ou au mauvais moment.
Les mobilisations, manipulations ou exercices réalisés sans la formation adéquate peuvent aussi causer davantage de douleurs, des lésions musculaires et ligamentaires ou des dommages nerveux, tandis qu’une personne sans la formation nécessaire peut ne pas reconnaître des symptômes correspondant à des fractures, des infections, des troubles neurologiques, des tumeurs ou des maladies cardiovasculaires.
SATSE a souligné qu’en Espagne, il existe « d’excellents professionnels de physiothérapie dont la qualification est très reconnue, valorisée et demandée dans le reste du monde ». Après avoir reconnu les plus de 71 000 physiothérapeutes du pays, il a envoyé un message de soutien aux professionnels de Ceuta, assurant qu’il continuera à œuvrer pour la défense de leurs droits et intérêts.