L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a certifié l’élimination, au Bhoutan, de la rage humaine transmise par les chiens, ce qui en fait désormais un problème de santé publique résolu dans ce pays d’Asie, qui n’a enregistré aucune mort attribuée à cette maladie depuis juin 2023.
« Je félicite le Bhoutan pour cette avancée historique, qui constitue une étape supplémentaire vers notre objectif d’éradiquer les décès humains dus à la rage transmise par les chiens d’ici 2030 », a déclaré le directeur général de cet organisme, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a ajouté que ce succès démontre que la santé des personnes, des animaux et de l’environnement est intrinsèquement liée.
À mesure que ce pays devient la première nation de la Région OMS pour l’Asie du Sud-Est à atteindre l’éradication de cette maladie, Tedros a souligné l’importance de réunir professionnels de la santé, vétérinaires et communautés. « Le Bhoutan a démontré que la lutte contre la rage ne se gagne pas en agissant isolément, mais grâce à la solidarité entre tous les secteurs », a-t-il insisté.
Pour atteindre ce stade, plus d’une décennie de travail autour de la stratégie « Une Santé Unique » (One Health) s’est concentrée sur cette pathologie virale, qui est presque toujours mortelle une fois les symptômes cliniques se manifestent. Cependant, les décès dus à la rage sont évitables, notamment grâce à la vaccination des chiens pour contrer la maladie à sa source.
De plus, l’administration rapide d’une prophylaxie post-exposition permet d’empêcher le virus d’atteindre le système nerveux central après une morsure. Elle comprend le lavage approfondi de la plaie, l’administration d’un schéma vaccinal antirabique pour les humains et, lorsque nécessaire, l’injection d’immunoglobulines antirrabiques.
Dans cette optique, le Bhoutan a donné la priorité à l’allocation des ressources, à la surveillance intégrée et à la planification stratégique. Ainsi, dès qu’un cas suspect de rage est signalé, les autorités sanitaires chargées de la santé humaine et animale collaborent pour identifier les expositions possibles et, si nécessaire, mènent des enquêtes conjointes sur le terrain.
ENFOQUE DE ‘UNA SOLA SALUD’
Ce pays « a démontré qu’il est possible d’éliminer la rage humaine transmise par les chiens lorsqu’il bénéficie d’un leadership national solide, d’une approche mûre de la ‘Santé Unique’ et d’une collaboration communautaire autour d’un objectif commun », a soutenu le responsable à la tête du Bureau régional de l’OMS pour le Sud-Est asiatique, le docteur Nilesh Buddha, après quoi il a déclaré que cela constitue « un exemple important pour d’autres pays de la région. »
Pour sa part, le ministre de la Santé du Gouvernement royal du Bhoutan, Lyonpo Tandin Wangchuk, a qualifié son élimination de « moment historique » et la validation de l’OMS comme un « motif de fierté ». À ce sujet, il a mis en avant le « Programme national accéléré de gestion de la population canine et de contrôle de la rage » de ce pays et a souligné l' »engagement à préserver ce succès par l’accès continu à la prophylaxie post-exposition, la vaccination massive des chiens, la gestion de la population canine, la participation communautaire et le renforcement de la surveillance ».
Ainsi, l’accès universel et gratuit à la prophylaxie post-exposition sera garanti, en plus de la continuité de la gestion de ces animaux. « Pour l’OMS, il a été un privilège d’accompagner le Ministère de la Santé et le peuple du Bhoutan sur ce chemin », a conclu sa représentante dans ce pays, la docteure Bhupinder Kaur Aulakh.