Le naturel n’est pas sûr : quels produits peuvent endommager le foie et les reins

7 septembre 2026



   « Comme il est naturel, cela ne peut pas faire de mal » est l’une des croyances qui peut le plus induire en erreur quand on parle de suppléments, de produits d’herboristerie et de médicaments. En effet, chaque jour, de plus en plus de personnes ont recours à des vitamines, des protéines, des plantes médicinales ou des préparations commercialisées comme protectrices du foie et des reins sans solliciter préalablement l’avis d’un professionnel de santé.

Où est le problème ? Il réside dans le fait que certains peuvent contenir des substances à des concentrations mal spécifiées, présenter des contaminants, provoquer une toxicité ou interférer avec les traitements prescrits, comme le rappelle dans une interview accordée à Europa Press Santé Infosalus Pedro Zapater, président de la Société espagnole de pharmacologie clinique.

Ce pharmacologue clinique attire l’attention sur le fait que même des produits aussi populaires que le curcuma à fortes doses, le thé vert concentré ou l’herbe de Millepertuis peuvent comporter des risques, et il appelle à lutter contre la désinformation qui circule sur Internet au sujet de leurs prétendus bénéfices pour protéger les organes.

ERREURS LES PLUS FRÉQUENTES EN CONSULTATION LIÉES À LA PRISE DE MÉDICAMENTS

En effet, parmi les erreurs les plus fréquentes lors de la prise de médicaments constatées en consultation, Zapater pointe l’auto-médication, fréquente avec des médicaments comme l’ibuprofène pour des douleurs légères ou des antibiotiques conservés à la maison pour traiter une gêne légère dans la gorge.

Autre problème fréquemment évoqué, et qui est souvent omis par les patients, est la prise de « remèdes naturels » et/ou « alternatifs » car ils ne les considèrent pas comme des médicaments. « Cela peut être une erreur gravissime car ces produits peuvent donner lieu à interactions et à des effets très graves sur la santé des patients », ajoute-t-il.

En fait, souligne Zapater, il devient chaque fois plus courant que de nombreuses personnes consomment des compléments nutritionnels, préparations d’herboristerie, vitamines, protéines ou d’autres produits commercialisés sous l’étiquette « naturels ». Il existe la fausse croyance de dire que « comme c’est naturel, cela ne fait pas de mal », ce qui est totalement faux, comme le démontre le fait que bon nombre de poisons potentiellement mortels comme la strychnine ou la ricine se trouvent dans des plantes ou des graines, avertit le président de la Société espagnole de pharmacologie clinique.

Selon lui, tous ces produits d’herboristerie, ces compléments protéinés ou ces vitamines peuvent être métabolisés ou éliminés par le foie et les reins, et peuvent les endommager, comme c’est le cas avec certains médicaments.

NE PASSENT PAS LES MÉMES CONTRÔLES DE QUALITÉ

« Le grand problème avec ces produits « naturels » est qu’ils ne passent pas les mêmes contrôles de qualité et de sécurité que les médicaments, et il est fréquent de ne pas savoir quels produits contiennent ni les concentrations exactes de chacun des composants qu’ils renferment », indique-t-il.

De plus, et en raison d’une exigence moindre quant à la qualité de leur fabrication, Zapater prévient que ces produits « naturels » se contaminent fréquemment par des champignons ou par d’autres substances. « À tel point que des patients traités avec des produits qualifiés de « naturels » comme le thé vert concentré, le curcuma à fortes doses, le kava ou le Millepertuis ont développé des hépatites toxiques ou des défaillances rénales graves », avertit cet expert.

PEUVENT INTERAGIR AVEC DES MÉDICAMENTS

Mais cela ne s’arrête pas là, selon la suite de l’explication du président de la Société espagnole de pharmacologie clinique, car les appelés « produits ou compléments naturels » peuvent interagir avec d’autres médicaments.

Il revient à mentionner le cas du Millepertuis, un produit pris par de nombreux patients pour traiter les dépressions légères, soulager l’anxiété et améliorer l’humeur, car, selon lui, il a un effet d’augmentation de la capacité métabolique du foie, capable de diminuer l’efficacité de certains médicaments que prend le patient.

« Je pense qu’il est fondamental de lutter contre la désinformation qui circule souvent sur ces sujets et qui s’est développée de manière exponentielle ces dernières années avec l’usage intensif des réseaux sociaux et d’Internet. En ce sens, il est fréquent que soient promovus des traitements naturels qui agissent comme des protecteurs hépatiques ou rénaux sans aucune preuve scientifique qui les étaye et qui peuvent donner la fausse impression de sécurité selon laquelle on peut prendre n’importe quel médicament parce que l’on est protégé. Une situation qui provoque déjà de nombreux cas de lésions rénales ou hépatiques chez des patients qui s’auto-médicamentent et prennent ces « protecteurs », conclut cet expert.

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Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.