La vie sexuelle ne s’éteint pas à 45 ans : plus de 90 % des femmes le confirment

5 septembre 2026



Le 90,4 pour cent des femmes âgées de 35 à 65 ans estiment qu’il est possible de maintenir une vie sexuelle épanouie et satisfaisante après 45 ans, même si cela peut nécessiter une certaine adaptation face aux changements propres à chaque étape.

Ainsi, le constat provient d’une enquête réalisée par Platanomelón à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé sexuelle, célébrée ce vendredi 4 septembre. De plus, 57,6 pour cent des femmes affirment que leur désir sexuel est resté stable, voire a augmenté au cours des deux ou trois dernières années, contrairement à l’idée répandue selon laquelle le passage du temps entraîne nécessairement une perte de désir.

Selon les auteurs de l’enquête, les données mettent en évidence une contradiction entre le récit social et l’expérience des femmes elles-mêmes : bien que l’idée selon laquelle le désir diminue avec l’âge soit largement répandue, elle ne semble pas nécessairement correspondre à la façon dont de nombreuses femmes vivent ou envisagent leur sexualité.

La ménopause et la périménopause peuvent entraîner des transformations qui vont au-delà du simple désir et peuvent aussi avoir un impact direct sur la vie sexuelle. Quarante-trois virgule quatre pour cent des répondantes déclarent avoir vécu des changements physiques liés à cette étape qui ont affecté leur vie sexuelle, que ce soit fréquemment ou occasionnellement. Parmi elles, quarante-quatre virgule trois pour cent signalent avoir éprouvé une perte d’élasticité, des irritations ou des gênes dans la zone intime, bien que dans la majorité des cas il s’agisse d’un phénomène occasionnel.

Par ailleurs, soixante-huit pour cent indiquent l’impact sur l’humeur ou la santé mentale comme l’un des aspects les plus difficiles ou invisibles de la ménopause, tandis que cinquante-neuf pour cent soulignent la difficulté de reconnaître leur propre corps après les changements et de savoir comment y faire face.

Cependant, ce besoin de comprendre les changements qui peuvent apparaître avec le temps coexiste avec un important manque d’information. 78,7 pour cent estiment que l’information reçue sur la façon dont le passage du temps peut influencer la sexualité est insuffisante; 53,3 pour cent affirment n’en avoir pratiquement reçu aucune et 25,4 pour cent la jugent incomplète.

PARLER DE SEXUALITÉ RESTE UNE MATIÈRE EN SUSPENS

Cette absence d’information se reflète également dans les conversations sur la sexualité dans le domaine de la santé. 77,3 pour cent n’ont pas discuté de leur désir ou de leur vie sexuelle avec quelque professionnel de la santé au cours de l’année écoulée, et parmi celles qui ne l’ont pas fait, 63,6 pour cent affirment ne pas en avoir eu besoin, tandis que d’autres soulignent la difficulté de trouver un professionnel ou un espace adapté pour aborder ces questions.

Face à cette absence de dialogue spécialisé, l’entourage proche et les canaux numériques jouent un rôle important comme sources d’information, avec des amis et de la famille, les réseaux sociaux et Internet parmi les principaux moyens par lesquels les femmes interrogées se tournent.

Cette réalité prend une signification particulière lorsqu’on la met en relation avec l’expérience des femmes elles-mêmes : 34,4 pour cent déclarent avoir constaté des changements physiques qui ont affecté leur vie sexuelle, tandis que 78,6 pour cent estiment que les informations reçues sur la façon dont les changements liés au passage du temps peuvent influencer leur sexualité sont insuffisantes.

« Que de nombreuses femmes déclarent avoir besoin de parler de leur sexualité ne signifie pas nécessairement qu’elles n’aient pas de questions ou de besoins. Parfois, nous n’avons tout simplement pas normalisé que le désir, les changements corporels et la vie sexuelle font aussi partie de ce que nous pouvons consulter et prendre soin tout au long de la vie », a conclu la sexologue de Platanomelón, Anna Sánchez.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.