Vous vous réveillez souvent la nuit ? Une étude établit un lien avec un risque génétique accru de la maladie d’Alzheimer

20 août 2026

Des chercheurs de l’Université de Liège (Belgique) ont mené une étude qui montre qu’une fréquence accrue de micro‑réveils nocturnes durant le sommeil pourrait être associée à un risque génétique plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer.

Publiée dans la revue Sleep, et soutenue par la Fondation Stop Alzheimer’s, cette recherche menée par le pôle GIGA Neurosciences est parvenue à la conclusion que le sommeil pourrait aider à identifier plus tôt les personnes susceptibles d’avoir cette maladie.

Ils en sont arrivés après avoir analysé les motifs de sommeil de plus de 500 personnes en bonne santé. Parmi elles, les individus d’âge moyen ont présenté ce lien, qui n’a pas été observé chez les adultes jeunes, ce qui les pousse à insister sur le fait que « l’étude du sommeil pourrait, à long terme, contribuer à l’identification précoce des individus vulnérables ».

« Et si certains symptômes de la maladie se manifestaient subtilement pendant le sommeil, bien avant l’apparition des premiers problèmes de mémoire ? », telle est la question qu’ils se sont posée et ce qui les a motivés à explorer cette ligne de recherche, d’autant que la relation entre les troubles du sommeil et les maladies neurodégénératives fait l’objet d’études depuis des années.

De ce fait, et étant donné que la maladie d’Alzheimer n’est ni purement héréditaire ni totalement indépendante des gènes, ils ont calculé le risque polygénique — une valeur qui résume l’influence combinée des gènes sur la probabilité de développer une pathologie donnée — chez les participants à ce travail. Ils ont ainsi constaté que le risque polygénique est faible et ne permet pas de prédire qui développera la maladie, mais en utilisant cette estimation du risque, ils ont cherché des corrélations avec les caractéristiques du sommeil des personnes analysées.

PÉRIODES COURTES D’ACTIVITÉ CÉRÉBRALE QUI N’ÉVEILLENT PAS LA PERSONNE

Ainsi, les auteurs assurent que le risque génétique de développer Alzheimer « est lié à la fréquence des micro‑réveils nocturnes », qui sont de courtes périodes d’activité cérébrale qui n’éveillent pas totalement la personne qui dort, mais qui peuvent perturber le cycle du sommeil. « Parmi les participants d’un âge avancé, les micro‑réveils les plus fréquents sont associés à un risque génétique plus élevé, même s’ils restent relativement jeunes et ne présentent pas encore de signes de la maladie », résument-ils.

« Ces micro‑réveils ne sont donc pas insignifiants », a souligné un membre de GIGA Neurosciences, Puneet Talwar, qui a ajouté que « certains profils pourraient favoriser l’accumulation de protéines impliquées dans la maladie d’Alzheimer et être associés à une vulnérabilité accrue ».

De plus, le directeur de la Recherche du Fonds pour la Recherche Scientifique (FNRS) de l’Université de Liège, Gilles Vandewalle, s’est référé au locus ceruleus, une région située dans le tronc cérébral et qui participe à la vigilance, à l’attention et à la régulation du sommeil. « Il est difficile à observer, mais il semble jouer un rôle dans les mécanismes initiaux liés à la maladie », a-t-il expliqué.

En somme, il a déclaré que le sommeil « pourrait devenir un marqueur accessible pour l’identification précoce des personnes vulnérables ». Par ailleurs, une autre voie consiste à améliorer la qualité du sommeil afin d’essayer de prévenir ou de ralentir la progression de la maladie chez les personnes génétiquement prédisposées, et que « le sommeil n’est pas seulement un indicateur de santé, mais aussi un levier potentiel pour l’intervention », a indiqué, de son côté, la membre de la Fondation Stop Alzheimer’s, Lucie Leroux.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.