Une thérapie combinée triple peut remodeler le microenvironnement tumoral chez des patients atteints d’un cancer gastrique avancé et présenter un profil de sécurité prometteur, selon les résultats d’un nouvel essai clinique de phase II, présentés par des experts du Centre national du cancer du Japon.
Les résultats, publiés dans ‘Science Traslational Medicine’, offrent une analyse détaillée de la manière dont les médicaments modifient les cellules immunitaires à proximité de la tumeur et révèlent des cibles thérapeutiques prometteuses pour de futures approches d’immunothérapie.
Le cancer gastrique est le cinquième type de cancer le plus répandu, et la médiane de survie demeure faible, oscillant entre 13 et 15 mois en moyenne.
Au cours des dernières années, les médecins ont commencé à associer la chimiothérapie standard à des immunothérapies telles que les anticorps anti-PD-1, ce qui a amélioré les taux de survie. Les chercheurs explorent également d’autres stratégies de combinaison possibles, y compris celles qui intègrent le médicament regorafenib. Ce médicament agit sur diverses enzymes et facteurs de croissance qui favorisent le développement tumoral, et il a récemment montré des résultats prometteurs dans un essai de phase II. Toutefois, il faut davantage de recherche pour comprendre comment le regorafenib interagit avec d’autres traitements et comment il influence l’immunité antitumorale dans le microenvironnement tumoral.
Dans cette étude, les chercheurs ont administré une combinaison de regorafenib, chimiothérapie et l’immunothérapie anti-PD-1, le nivolumab, à 30 patients atteints d’un cancer gastrique avancé. Ils ont constaté que le traitement était sûr et que 22 patients ont montré une réponse tumorale objective, atteignant ainsi l’objectif principal de l’étude. Grâce au séquençage ARN des cellules uniques dans des biopsies, l’équipe a observé que le traitement augmentait les cellules T CD8+ anti-tumorales, tout en réprimant d’autres cellules immunitaires qui régulent le système immunitaire, y compris les cellules T régulatrices et les fibroblastes associés au cancer.
« Ces résultats pourraient éclairer comment un inhibiteur de multikinases, associé au blocage de PD-1 et à la chimiothérapie, remodelent le microenvironnement tumoral dans le cancer gastrique avancé et révéler des cibles potentielles pour de futures recherches dans des études de combinaisons rationnelles », résument les chercheurs.