SESPAS appelle à adopter une perspective de santé publique pour réguler les jeux d’argent et les paris

1 octobre 2026



La Société Espagnole de Santé Publique et d’Administration Sanitaire (SESPAS) a présenté des observations sur la modification de la Ley 13/2011, relative à la régulation des jeux d’argent, dans lesquelles elle réclame de renforcer l’approche de santé publique dans la future réglementation.

L’objectif de SESPAS est de prévenir les dommages liés aux jeux d’argent avant qu’ils ne se transforment en problèmes graves et de renforcer la protection des personnes les plus vulnérables, en particulier les mineurs et les jeunes.

Les propositions ont été abordées lors d’une réunion entre les représentants du Groupe de Travail de SESPAS et la Direction générale de l’Ordonnancement du Jeu (DGOJ), au cours de laquelle leurs responsables ont débattu de manière ouverte les contributions formulées. La rencontre a permis d’approfondir des questions telles que la protection des mineurs et d’autres publics vulnérables, l’accès et l’identification, la publicité et les promotions, les moyens de paiement ou la relation entre sport et paris.

Parmi les mesures proposées figure l’étude de l’augmentation de l’âge minimum légal pour participer à des jeux d’argent de 18 à 21 ans, en tenant compte de la vulnérabilité particulière des adolescents et des jeunes.

SESPAS propose également de renforcer les systèmes de vérification d’âge et d’identité et d’établir un blocage effectif de l’accès au jeu pour les personnes inscrites sur le Registre Général des Interdictions d’Accès au Jeu, en explorant aussi son interopérabilité avec les systèmes de paiement.

L’inquiétude concernant ces tranches d’âge se reflète aussi dans les données. Selon les informations recueillies par le Groupe de Travail à partir des enquêtes EDADES et ESTUDES de 2024, 1,4% de la population âgée de 15 à 64 ans présente un possible jeu problématique, tandis que chez les étudiants de 14 à 18 ans, le pourcentage grimpe à 4,9%.

« Nous ne pouvons pas aborder les dommages liés aux paris uniquement lorsque le problème est déjà là. De la santé publique, nous devons agir en amont, sur les facteurs qui favorisent ces dommages et sur les environnements dans lesquels ils se produisent, en accordant une attention particulière aux adolescents, jeunes et autres groupes vulnérables », déclare Yolanda López del Hoyo, coordinatrice du Groupe de Travail ‘El juego de apuestas como problema de salud pública’ de SESPAS.

MÁS PROTECCIÓN FRENTE A PROMOCIONES

SESPAS propose además de renforcer la protection de las personas consumidoras frente a estrategias que puedan favorecer patrones intensifs ou problématiques de jeu. Les observations envisagent d’agir sur les bonus de bienvenue, les paris gratuits, les incitations liées au premier dépôt et certains programmes de fidélisation ou promotions associées à la fréquence et au volume de jeu.

À l’occasion de la publicité, SESPAS estime nécessaire de renforcer la réglementation existante et de l’adapter à l’évolution de l’environnement numérique, incluant expressément les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et vidéo, les jeux en ligne et les contenus d’influenceurs. Un autre point central est la séparation effective entre le sport et les paris.

SESPAS propose de réduire leur association physique, commerciale et symbolique par des mesures telles que l’interdiction des terminaux de paris dans les installations sportives, l’établissement de distances minimales entre les lieux de paris et les espaces sportifs et la limitation des formules promotionnelles qui lient directement les deux activités.

« NO EXISTE EL JUEGO RESPONSABLE »

Les observations proposent aussi de revoir le vocabulaire employé pour aborder ce phénomène. Depuis SESPAS, on propose d’utiliser de préférence le terme « jeu de paris » au lieu de simplement « jeu » et d’éviter des concepts tels que « jeu responsable », en estimant qu’ils peuvent projeter une vision inappropriée du problème.

Face à ces expressions, SESPAS propose d’avancer vers une approche de prévention des dommages, qui évite de placer toute la responsabilité sur la personne qui joue et tient également compte du rôle des facteurs tels que la conception des produits, leur accessibilité, les stratégies commerciales ou l’environnement dans lequel l’activité se développe.

SESPAS considère que la modification de la Loi 13/2011 représente une opportunité de mettre à jour la réglementation à partir de l’évidence scientifique disponible et de renforcer la protection des citoyen(ne)s. Après le dialogue entretenu avec la DGOJ, le Groupe de Travail continuera à suivre le développement de la réforme et apportera des connaissances depuis la perspective de la santé publique.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.