Le Syndicat des infirmier(e)s (SATSE) a réclamé au Gouvernement que la création d’un commandement unique et d’un plan économique pour Ceuta entraîne les ressources humaines et matérielles nécessaires pour mettre fin à la situation de gravité extrême que connaissent les infirmières, les kinésithérapeutes et l’ensemble du personnel sanitaire de la ville autonome après près d’un mois de crise migratoire.
SATSE estime que la décision de créer un commandement unique est « positive », mais souligne qu’elle est arrivée « tard » et aurait dû être mise en œuvre « bien plus tôt ». Dans tous les cas, il insiste sur la nécessité que, « de toute urgence », les effectifs soient augmentés à l’Hôpital Universitaire de Ceuta et dans les centres de santé, et que les conditions de travail soient améliorées afin de pouvoir offrir des soins de santé adéquats.
Le Syndicat des infirmier(ère)s assure que, après plusieurs semaines marquées par une pression sur les soins « extrême » en raison de la crise migratoire, la situation actuelle demeure en « alerte maximale » en l’absence de solutions définitives de la part de l’INGESA et du Ministère de la Santé.
À cet égard, SATSE insiste sur les graves déficiences de personnel qui ont placé le système de santé « au bord du gouffre » et qui restent sans résolution, et souligne que le scénario futur de l’assistance sanitaire dans la ville autonome demeure encore dans une « incertitude totale ».
« EFFORT SURHUMAIN »
Le syndicat affirme que, pendant les mois de juillet et d’août, les infirmières et les kinésithérapeutes ont dû réaliser un « effort surhumain » face à un volume « désorbité », qui a dépassé les 500 interventions quotidiennes. À l’heure actuelle, on observe une fréquentation d’au moins le double de ce qui est habituellement enregistré et, de plus, le ratio infirmière-patient à l’hôpital a « explosé », précise-t-il.
« Face à cette réalité, et au lieu de mettre en œuvre des renforcements et de nouvelles embauches, l’administration a recours à l’établissement de journées de travail supplémentaires, tant de manière volontaire que obligatoire dans certains cas », explique-t-il.
Autre problème dénoncé par l’organisation syndicale qui n’a pas encore été résolu est le manque de sécurité lors des visites à domicile de l’Attention Primarie, lesquelles se sont accrues car la population préfère rester chez elle et ne pas aller à l’hôpital. Par conséquent, il réaffirme l’urgence d’affecter du personnel de sécurité, comme cela a été fait à l’Hôpital Universitaire à la suite du dépôt d’une plainte formelle par SATSE.
ACTIONS
De plus, SATSE Ceuta indique avoir réalisé d’autres actions pour atténuer leurs conséquences, notamment une plainte déposée auprès de l’Inspection du Travail concernant les conditions de climatisation de l’Hôpital Universitaire, ainsi que des lettres adressées à la Direction, à la Direction territoriale de l’INGESA à Ceuta et au Service de prévention afin de solliciter une évaluation intégrale urgente des risques présents dans le service des Urgences.
Il rappelle également avoir demandé l’activation du niveau 2 du Plan de Catastrophes, au lieu du seul niveau 1, afin de mobiliser des ressources extraordinaires et de renforcer les équipes et les fournitures, et il a demandé l’application du Real Decreto 118/2023 déclarant Ceuta comme zone de couverture difficile. De même, il réclame un renforcement des infirmières afin de pouvoir administrer les vaccins qui devraient être envoyés vers la ville autonome.
« Sans incitations réelles pour fidéliser les professionnels et des contrats de longue durée qui mettent fin à la précarité de l’emploi, il ne sera pas possible de pourvoir les postes actuellement vacants et le système sanitaire de la ville autonome restera voué au collapse face à toute nouvelle urgence, comme la crise actuelle », ajoute-t-il.
DÉBORDÉS ET ÉPUISÉS
Tout comme à l’hôpital, le syndicat souligne que la situation des infirmières qui travaillent dans les centres de santé est également « très préoccupante », car elles se trouvent « totalement débordées et épuisées » devant assurer des gardes extraordinaires de manière obligatoire en dehors de leur horaire de travail habituel et, même, en dehors de leur centre de travail.
Pour toutes ces raisons, SATSE réitère que l’ »inopérance et l’inefficacité » démontrées par le Gouvernement, jusqu’à présent, pour résoudre la crise déclenchée le mois dernier de juillet ne peuvent pas durer « un seul jour de plus », car les risques pour la santé physique, mentale et émotionnelle de tout le personnel s’accroissent et les problèmes de santé aussi augmentent et s’aggravent entre les citoyen(ne)s de Ceuta et la population migrante.