La semFYC appelle à une réponse sanitaire stable, coordonnée et continue pour les immigrés en situation irrégulière

7 novembre 2026



La Société Espagnole de Médecine de Famille et de Santé Communautaire (semFYC) a demandé, ce jeudi, une réponse sanitaire « stable, coordonnée et continue » afin de répondre aux besoins de santé des immigrés arrivés de manière irrégulière « au-delà de l’assistance d’urgence initiale ».

Concrètement, elle a réclamé que les soins ne se limitent pas à la première prise en charge à leur arrivée, mais que leur intégration effective dans les circuits ordinaires du Système National de Santé soit garantie.

Selon un communiqué publié par l’organisation du XLVIe Congrès de la semFYC, qui se tient à Las Palmas de Gran Canaria, les îles offrent un cadre particulièrement pertinent pour analyser comment organiser la réponse sanitaire face à des arrivées qui peuvent se concentrer sur des périodes courtes et nécessiter une mobilisation exceptionnelle de ressources.

Pour l’entité, le défi ne consiste pas seulement à répondre à la situation d’urgence clinique initiale, mais à garantir que chaque personne bénéficie d’une évaluation clinique individualisée tant sur le plan physique que sur le plan de la santé mentale, qu’elle ait accès aux services de santé dont elle a besoin et qu’elle puisse maintenir ses traitements et son suivi.

C’est pourquoi elle a insisté sur le fait que la réponse doit prendre en compte les circonstances concrètes de chaque patient, sans associer la condition migratoire à un diagnostic ni faire de la nationalité un critère clinique.

À ce sujet, le président de la Société Canarienne de Médecine de Famille et Communautaire (SoCaMFyC), Gustavo Moreno, a indiqué que, après le premier contact permettant de déterminer s’il existe une urgence sanitaire, il faut coordonner son incorporation au système sanitaire afin qu’il reçoive l’attention nécessaire, comme toute autre personne.

« L’ATTENTION NE DOIT PAS SE LIMITER À ÉCARTER UNE URGENCE »

« La nationalité n’est pas synonyme de maladie et l’attention ne peut se limiter à écarter une urgence: il faut du temps, de l’organisation, de la confiance et des ressources », a déclaré.

Pour la SoCaMFyC, la dureté de la ruta atlantique se reflète dans les arrivées enregistrées dans les Canaries au cours de la dernière semaine d’octobre, en particulier sur l’île de El Hierro, des épisodes qui « démontrent que la réponse sanitaire doit combiner les soins immédiats après l’arrivée avec une planification des ressources capable de garantir la continuité des soins ».

Au‑delà de l’évolution des arrivées, Moreno a estimé que la réalité de cette route exige une réponse sanitaire coordonnée qui ne se limite pas à l’urgence du sauvetage et garantit aussi l’accès à la Médecine Générale et la continuité des soins.

Le président de la SoCaMFyC a souligné que la pression sur les dispositifs sanitaires dépend de bien plus que le nombre de personnes qui arrivent. Les conditions cliniques, les circonstances individuelles, la concentration temporelle des arrivées et les ressources disponibles sur chaque île déterminent la capacité de réponse.

La première évaluation permet d’identifier et de traiter les situations d’urgence, mais ensuite il est nécessaire de coordonner l’intégration des personnes dans le système sanitaire, de faciliter l’accès à la Médecine Générale et de veiller à ce que les problèmes de santé nécessitant un suivi ne soient pas négligés.

LES BESOINS SANITAIRES PERSISTENT

Le président de la SoCaMFyC a rappelé que les besoins sanitaires persistent lorsque la personne quitte le dispositif d’accueil initial ou change de logement. La continuité des soins est essentielle pour évaluer les antécédents, maintenir les traitements, traiter les problèmes de santé physiques et émotionnels et faciliter les soins préventifs pertinents dans chaque cas.

À cette fin, il a souligné que les équipes ont besoin de mécanismes permettant de partager les informations cliniques pertinentes, de coordonner les orientations et d’assurer le suivi entre les différents dispositifs et niveaux de soins.

Il a également conclu qu’il faut des ressources d’interprétation et de médiation interculturelle pour permettre une communication compréhensible, ainsi que du temps et de la formation pour répondre aux besoins spécifiques de chaque patient.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.