GeSIDA appelle à renforcer l’éducation sexuelle et affective, la prévention et à lutter contre la stigmatisation pour améliorer la santé sexuelle

7 septembre 2026



Le Groupe d’Étude du SIDA de la Société Espagnole des Maladies Infectieuses et de Microbiologie Clinique (GeSIDA) a appelé à renforcer l’éducation sexuelle et affective, à normaliser les tests de dépistage et à faciliter l’accès aux stratégies de prévention, tout en luttant contre la stigmatisation, afin d’améliorer la santé sexuelle.

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé sexuelle, GeSIDA plaide pour placer la santé sexuelle globale au cœur des politiques de santé publique et tirer parti des avancées scientifiques disponibles pour réduire les nouvelles infections et améliorer la qualité de vie de la population.

« Dans l’infection par le VIH, nous avons réussi quelque chose d’extraordinaire : nous disposons de traitements qui permettent à des personnes de vivre de nombreuses années avec une qualité de vie comparable à celle de la population générale et nous savons qu’une personne sous traitement et avec une charge virale indétectable ne transmet pas le virus par voie sexuelle. Mais nous avons encore une matière en suspens : faire en sorte que toutes ces connaissances scientifiques se traduisent de manière plus efficace en prévention, diagnostic précoce et une réduction réelle des nouvelles infections », a déclaré la présidente de GeSIDA, María Velasco.

Le groupe souligne que cette revendication prend une importance particulière à un moment où l’Espagne fait face à une augmentation soutenue des infections sexuellement transmissibles. En 2024, on a enregistré plus de 93 000 cas des quatre IST principales suivies par la surveillance épidémiologique, atteignant l’un des niveaux les plus élevés de la dernière décennie.

Face à cette situation, le Ministère de la Santé a présenté en juin 2026 la nouvelle Feuille de route 2026-2030 contre les IST, qui prévoit de renforcer la surveillance, la prévention, le diagnostic précoce, l’accès aux tests et de nouvelles stratégies telles que l’autodiagnostic et l’auto-prélèvement des échantillons.

Dans ce contexte, l’infection par le VIH demeure une réalité de la santé sexuelle en Espagne. Les dernières données officielles disponibles pour 2024 font état de 3 340 nouveaux diagnostics de VIH, avec un taux estimé, une fois le retard de notification corrigé, de 7,44 cas pour 100 000 habitants. La transmission sexuelle demeure clairement la principale voie de transmission du virus (responsable d’environ 83 % des nouveaux cas).

Pour GeSIDA, ces chiffres montrent que les progrès thérapeutiques ne doivent pas conduire à une fausse impression que le VIH ne constitue plus un problème de santé publique. Au contraire, la disponibilité d’outils de prévention hautement efficaces permet de viser des objectifs plus ambitieux.

« Aujourd’hui, nous disposons de plus d’outils que jamais pour prévenir les nouvelles infections au VIH. Le défi n’est plus seulement de les disposer, mais de faire en sorte que les personnes qui en ont besoin les connaissent, puissent y accéder et trouvent un système de santé qui réponde rapidement, de manière de proximité et sans préjugés », déclare Velasco.

UNE PRÉVENTION ADAPTÉE À CHAQUE BESOIN

Le groupe estime que ce changement de paradigme doit conduire d’une conception de la prévention fondée sur un seul outil vers un modèle de prévention combinée, dans lequel le préservatif, la prophylaxie préexposition (PrEP), la prophylaxie postexposition (PPE), le dépistage régulier, le traitement du VIH et les mesures vaccinales sont utilisés conformément aux besoins et aux circonstances de chaque personne.

À cet égard, GeSIDA estime que l’une des avancées majeures des dernières années a été précisément de démontrer que la prévention n’a pas à être identique pour tout le monde. Le préservatif demeure un outil essentiel face au VIH et à de nombreuses IST. Mais il convient aussi de rappeler qu’il existe des stratégies pharmacologiques d’une grande efficacité contre le VIH, telles que la PrEP et la PPE, qui permettent d’adapter la prévention à diverses situations et besoins.

« Il n’existe pas une seule manière de prévenir le VIH. Certaines personnes pour lesquelles le préservatif sera la stratégie fondamentale; d’autres auront besoin de la PrEP et d’autres pourront bénéficier d’une PPE après une exposition. La responsabilité du système de santé est d’offrir toutes les options efficaces et d’aider chaque personne à choisir celle qui s’adapte le mieux à sa situation », a expliqué la présidente de GeSIDA.

LA NÉCESSITÉ DE NORMALISER LE DÉPISTAGE DU VIH

Selon le groupe, la prévention ne s’arrête toutefois pas à éviter de nouvelles infections, car dépister tôt reste l’une des grandes priorités de la réponse au VIH.

GeSIDA souligne qu’une proportion importante des personnes recevant un diagnostic de VIH en Espagne le font de manière tardive, lorsque l’infection a déjà provoqué une détérioration immunitaire significative. Le diagnostic tardif est associé à un risque plus élevé de complications et complique aussi les objectifs de prévention.

Pour cela, GeSIDA soutient de poursuivre la normalisation du dépistage du VIH et de tirer parti de toutes les opportunités offertes par le système sanitaire et communautaire pour sa réalisation : soins primaires, urgences, consultations IST, services hospitaliers, centres spécifiques ou dispositifs communautaires.

« Un test de VIH ne devrait pas générer plus de peur que n’importe quel autre examen médical. Il faut faire en sorte que se faire dépister lorsqu’il existe une possibilité d’exposition soit quelque chose de normal, simple et accessible, et non une décision marquée par la peur d’être jugé », déclare Velasco.

L’experte indique que cette stratégie doit s’étendre aussi au diagnostic d’autres IST. De nombreuses infections peuvent rester asymptomatiques pendant de longues périodes, de sorte que s’interroger sur la santé sexuelle et réaliser des tests quand ils sont indiqués constitue une outil fondamental pour interrompre les chaînes de transmission.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.