Près de la moitié des Espagnoles ont dû retarder leur maternité, avec un délai moyen d’environ six ans

14 octobre 2026

Quarante-sept pour cent des femmes espagnoles déclarent avoir eu leur premier enfant plus tard que prévu, avec un écart moyen de six ans entre l’âge auquel elles espéraient devenir mères et l’âge auquel elles le deviennent finalement, selon le « Baromètre IVI de la Fertilité », élaboré par l’IVI Institute.

Cette étude, réalisée en collaboration avec GfK/NielsenIQ et fondée sur des entretiens auprès de 24 074 femmes âgées de 19 à 49 ans en Espagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Suède, Portugal, Royaume-Uni et Émirats arabes unis, indique que le retard de la maternité est une tendance internationale, se situant en moyenne à 36 pour cent parmi l’ensemble des pays analysés.

En Espagne, où 3 021 femmes ont été interrogées, celles qui affirment avoir dû retarder le moment de devenir mère évoquent des raisons personnelles et économiques, plutôt qu’un manque de désir. Celles qui sont déjà mères ou enceintes indiquent que trouver le partenaire adéquat (35 %), atteindre la maturité personnelle nécessaire (33 %), disposer d’un logement adéquat (32 %) et être au bon moment (30 %) ont été les motifs principaux qui les ont aidées à prendre la décision d’avoir des enfants.

Parmi les femmes qui ne sont pas encore mères, les raisons les plus fréquentes sont liées à leur situation vitale. 32 pour cent estiment qu’elles sont encore trop jeunes, 28 pour cent indiquent ne pas avoir trouvé le partenaire adéquat et 23 pour cent évoquent le coût du logement. Par ailleurs, 22 pour cent font référence à l’insuffisance des ressources économiques et 20 pour cent à l’instabilité professionnelle.

En plus d’avoir eu son premier enfant plus tard que souhaité, les mères espagnoles affirment qu’elles auraient aimé en avoir davantage. Plus précisément, l’aspiration moyenne se situe à 2,4 enfants, tandis que chez celles qui sont déjà mères, le chiffre réel est de 1,6 enfant.

Bien que 80 pour cent des femmes en Espagne soient mères ou veuillent le devenir et que, pour 74 pour cent, la maternité représente un objectif vital important, 12 pour cent des personnes interrogées ne désirent pas avoir d’enfants. Parmi elles, 46 pour cent ne considèrent pas la maternité comme une obligation, 36 pour cent ne veulent pas modifier leur mode de vie actuel et 30 pour cent affirment ne pas s’identifier au modèle social en vigueur autour de l’éducation des enfants.

1,5 MILLIONS DE FEMMES ONT ÉTÉ INFERTILES

Le baromètre, qui a été présenté ce mardi, pousse également l’analyse sur l’infertilité, affirmant qu’elle ne constitue pas une situation exceptionnelle. En Espagne, 1,5 million de femmes âgées de 19 à 49 ans l’ont vécue à un moment de leur vie, tandis qu’environ 350 000 femmes l’ont vécue au cours de l’année écoulée.

Pour la majorité, la difficulté apparaît avant le premier enfant et, plus précisément, l’infertilité primaire touche environ 10 pour cent des femmes espagnoles, soit environ 900 000 personnes. Par ailleurs, les difficultés à concevoir un nouvel enfant après une grossesse précédente se situent autour de 6 pour cent, affectant environ 600 000 personnes.

Lorsqu’on leur demande comment elles agiraient face à des difficultés à concevoir, 77 pour cent envisageraient de consulter une gynécologue ou une clinique de fertilité. Une femme sur quatre indique avoir déjà consulté un professionnel de la santé pour obtenir des conseils ou un soutien dans la recherche d’une grossesse.

Parmi celles qui ont connu l’infertilité, jusqu’à 81 pour cent ont consulté un spécialiste et l’ont fait pour la première fois à un âge moyen de 30 ans. 61 pour cent ont reçu des soins ou un traitement, c’est-à-dire qu’elles ne se sont pas contentées d’examens; 24 pour cent ont eu recours à une fécondation in vitro (FIV) et, parmi celles-ci, 67 pour cent ont finalement réussi à avoir un bébé.

Les femmes qui doutent de recourir à un traitement de fertilité avancent principalement des barrières liées à la confiance ou à l’information et, en particulier, 64 pour cent des sondées citent au moins une raison de ce type. Les raisons les plus fréquentes sont le sentiment que le traitement n’assure pas le succès (32 %), le manque d’information sur son fonctionnement (22 %), la méfiance quant à la sécurité des procédures (18 %) ou la crainte de grossesses multiples (16 %).

Parallèlement apparaissent les motifs économiques, évoqués au moins une fois par 63 pour cent des femmes, principalement en raison du coût financier ou des difficultés à obtenir un financement, cités par 55 pour cent, et du manque de couverture d’assurance pour le traitement (29 %).

46 pour cent identifient des obstacles opérationnels ou logistiques, comme les listes d’attente (30 %), la difficulté à concilier le traitement avec la vie professionnelle (15 %) ou la distance jusqu’à une clinique spécialisée (8 %). Tandis que 45 pour cent évoquent des facteurs émotionnels ou physiques, notamment le stress lié au processus (37 %) ou la douleur des examens médicaux et des traitements (16 %), et seulement 10 pour cent pointent des aspects éthiques ou culturels.

Sur les 25 pour cent d’Espagnoles qui ont consulté un médecin pour obtenir des conseils dans la recherche d’une grossesse, 47 pour cent ont eu recours à la sécurité publique. Pour leur part, 37 pour cent ont utilisé uniquement des centres privés et 16 pour cent ont combiné les deux options.

IMPACT EMOCIONAL DES DÉFIS DE LA FERTILITÉ

L’étude révèle que les difficultés à avoir des enfants entraînent un impact émotionnel chez les femmes. 67 pour cent de celles qui avaient dû faire face à des obstacles à concevoir pendant au moins douze mois décrivent un impact élevé sur leur vie et une sur trois situe cet impact aux niveaux les plus élevés de l’échelle utilisée, avec des scores entre neuf et dix sur dix.

Les émotions les plus ressenties par celles qui ont souffert d’infertilité sont la frustration, citée par 49 pour cent, suivie d’anxiété ou de stress (44 %) et de tristesse (40 %).

Parmi celles qui ont reçu une prise en charge médicale pour parvenir à une grossesse, 54 pour cent évoquent une émotion positive au cours du traitement, l’espoir étant la plus fréquente (24 %). En revanche, 85 pour cent signalent des émotions négatives tout au long du processus, notamment l’anxiété ou le stress (26 %). Dans ce sens, 57 pour cent estiment que l’accompagnement psychologique offert par la clinique de reproduction est très important.

Par ailleurs, l’étude souligne qu’une proportion significative de femmes perçoit la fertilité comme une question sur laquelle la responsabilité et l’inquiétude retombent de manière inégale. À cet égard, 65 pour cent estiment que les hommes prennent la fertilité moins au sérieux qu’elles, contre 10 pour cent qui pensent le contraire.

De manière générale, 59 pour cent des femmes considèrent que l’Espagne traverse une crise de fertilité, une proportion qui monte à 61 pour cent chez les « millennials » et à 62 pour cent chez les femmes de la Génération X et qui se réduit à 54 pour cent chez les femmes de la Génération Z.

Le baromètre analyse quels soutiens les femmes jugent les plus importants une fois devenues mères. 88 pour cent soulignent la flexibilité du travail, mais seulement 44 pour cent y ont eu accès. De même, 78 pour cent insistent sur l’importance des différentes formules d’aide à la garde des enfants, comme les congés rémunérés, mais seulement 24 pour cent déclarent en avoir bénéficié.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.