Épidémiologistes alertent sur le fait que la crise du logement affecte le bien-être et constitue une crise de santé publique

12 octobre 2026



La Société Espagnole d’Épidémiologie (SEE), par l’intermédiaire de son Groupe de travail sur les déterminants de la santé, a publié une prise de position qui alerte sur le fait que les difficultés d’accès à un logement et le fait de le maintenir impactent le bien-être et peuvent aggraver les inégalités sociales, et affirme que le débat sur le logement est aussi une « crise de santé publique ».

Dans le contexte des mobilisations citoyennes pour le droit au logement, la société scientifique a défendu que garantir un foyer adéquat, stable, sûr et abordable doit être une priorité de santé publique. « Disposer d’un logement stable procure sécurité, intimité et ancrage », affirme-t-elle dans le document.

En revanche, elle a averti que l’insécurité résidentielle, comme les procédures ou les menaces d’expulsion, entraîne d’importantes conséquences négatives pour la santé et le bien-être. En effet, elle soutient que les personnes confrontées à ces situations présentent de pires indicateurs de santé mentale, notamment un risque accru de suicide, ainsi que de santé physique, qui peuvent s’étendre aux enfants et aux adolescents.

Les experts ont souligné les risques que représente la pression économique pour payer le loyer ou l’hypothèque, une situation qui peut obliger les familles à réduire leurs dépenses en alimentation, chauffage, services ou médicaments. À ce stade, ils ont noté que consacrer une part importante des revenus au logement ou vivre dans l’insécurité de le perdre peut agir comme un facteur de stress chronique.

Après avoir souligné que ces situations peuvent conduire à l’exclusion résidentielle et à l’itinérance, elles ont affirmé que les personnes sans domicile font face à une charge élevée de problèmes de santé, à une mortalité prématurée plus élevée et à des obstacles pour maintenir des soins de santé continus.

Par ailleurs, elles ont rappelé qu’il existe de nombreuses preuves sur la relation entre les conditions de logement et la santé. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les températures extrêmes à l’intérieur du logement, le surpeuplement et l’humidité se associent à une charge plus élevée de maladies respiratoires et cardiovasculaires, de blessures et de problèmes de santé mentale.

TOURISTIFICATION ET GENTRIFICATION

La SEE a également évoqué les conséquences de la touristification et de la gentrification, qui déplacent la population résidente, transforment le commerce de proximité et affaiblissent les réseaux de voisinage.

Selon eux, la perte de ces liens peut réduire le soutien social et le sentiment d’appartenance, tout en contribuant à l’isolement, à une solitude non désirée et au déracinement.

D’autre part, les épidémiologistes ont souligné que le manque de logement abordable peut compliquer la disponibilité des professionnels nécessaires au soutien des services publics essentiels et, en particulier, qu’il peut constituer un obstacle pour attirer et retenir des professionnels de la santé et des enseignants, entre autres.

Face à cette situation, la société scientifique a défendu que l’accès à un logement digne est « fondamental » pour protéger et promouvoir la santé de la population et a précisé que « cet accès ne peut se limiter à disposer d’un toit », mais doit inclure les conditions nécessaires pour pouvoir élaborer un projet de vie « sans que le coût du logement ne compromette l’alimentation, les fournitures de base ou les soins de la santé ».

« Investir dans le logement, c’est investir dans la santé, dans des quartiers sains, des communautés cohésives et dans une société avec moins d’inégalités en matière de santé. Garantir le droit au logement, c’est aussi garantir les conditions nécessaires pour que le droit à la santé puisse être effectif », a conclu.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.