Une étude menée conjointement par l’Institut de Recherche Sanitaire Incliva du Hospital Clínico Universitario de València, l’Université de Valence (UV) et la Fundación Carlos Simón démontre qu’il est possible, lors d’un seul acte, d’extraire les ovocytes et de traiter les endométriomes (kystes ovariens associés à l’endométriose) chez des femmes souhaitant préserver leur fertilité.
L’objectif de la recherche était de vérifier si ces deux interventions – l’extraction des ovocytes et le traitement du kyste par sclérothérapie – pouvaient se dérouler lors d’un seul acte chirurgical afin de réduire la complexité du traitement et de préserver au maximum le tissu ovarien sain, sans obliger les patientes à subir deux interventions distinctes, selon un communiqué de l’Incliva.
L’étude, dont les résultats ont été publiés dans The Journal of Minimally Invasive Gynecology, a été développée par les docteurs César Lizán et Raúl Gómez, du Groupe de Recherche en Thérapies face à l’Endométriose et le Cancer Endométrial de Incliva; et Francisco Raga et Lorenzo Abad, du Groupe de Recherche en Communication Mère-Fœtale et l’Unité Mixte de Médecine Reproductive de INCLIVA- Fundación Carlos Simón, tous affiliés à l’UV. A également activement participé la docteure Laura Gregori, de l’Unité de Reproduction Assistée du service de Gynécologie et Obstétrique du Hospital Clínico Universitario de València et seconde auteure du travail.
L’étude est associée à un projet de thèse doctorale d’Alba Verdú, coauteure de l’article et spécialiste en gynécologie. Elle a été menée avec la participation et la collaboration de l’Unité de Reproduction Assistée du service de Gynécologie et Obstétrique du Hospital Clínico Universitario de València.
L’endométriose est une maladie dans laquelle un tissu semblable à l’endomètre (la couche de tissu la plus interne de l’utérus) se développe en dehors de son emplacement habituel et provoque inflammation et douleur. On estime qu’elle touche environ 10 pour cent des femmes en âge de procréer (environ 1 sur 10), soit près de 190 millions de femmes dans le monde.
Les endométriomes, qui constituent la manifestation la plus fréquente de l’endométriose, représentent l’un des principaux défis en gynécologie car il faut trouver un équilibre entre l’atténuation des symptômes (douleur pelvienne, douleur pendant les règles, douleur lors des rapports sexuels, difficultés à procréer…), la préservation de la fertilité et l’évitement de traitements inutiles qui pourraient endommager l’ovaire.
Par conséquent, la prise en charge doit être individualisée en fonction de l’âge de la patiente, de ses symptômes et de son désir reproductif. Le docteur César Lizán a expliqué que vivre avec un endométriome « peut être associé à une douleur importante ou à des difficultés à devenir mère. Traditionnellement, de nombreuses patientes devaient subir d’abord une chirurgie ou retarder les traitements de procréation assistée. Notre étude démontre qu’il est possible d’extraire les ovocytes pour les préserver et de traiter l’endométriome par sclérothérapie au cours de la même intervention, afin d’éviter dans de nombreux cas une intervention chirurgicale supplémentaire. »
Selon Lizán, « bien que des études plus vastes soient nécessaires pour confirmer ces résultats, la nôtre montre que l’approche est faisable et sûre, elle réduit considérablement la douleur chez les patientes, leur permet de conserver les ovocytes et permet une réduction importante de la taille de l’endométriome qui demeure dans la plupart des cas lors d’au moins un an de suivi ».
Et il a indiqué que pour les patientes, « cela peut se traduire par moins d’interventions et moins d’anesthésies; la possibilité de préserver les ovocytes ou de suivre des traitements de reproduction sans retards inutiles; un traitement peu invasif de l’endométriome; et une approche plus confortable et potentiellement plus efficace ».
ÉTUDE PROSPECTIVE
La recherche consistait en une étude prospective de faisabilité réalisée chez des femmes porteuses d’endometriomes qui allaient être soumises à un traitement de préservation de la fertilité. Au cours de la même intervention, on a d’abord procédé à l’obtention des ovocytes par ponction ovarienne et, ensuite, au traitement de l’endométriome par sclérothérapie à l’éthanol, une technique peu invasive qui réduit ou élimine le kyste sans nécessiter l’ablation d’une partie de l’ovaire.
Par la suite, les patientes ont été suivies pour évaluer la sécurité de la procédure, l’évolution de la taille des endométriomes et l’apparition d’éventuelles complications. Après avoir terminé la phase de validation du processus et le recrutement des patientes, les chercheurs étudient actuellement quels mécanismes moléculaires sont associés à l’amélioration clinique observée.
Les résultats de l’étude publiés s’inscrivent dans le cadre des axes de recherche sur l’endométriose PID2024-163058OB-I00 et CNS2023-145222 financés par le Ministère de la Science et de l’Innovation au docteur Raúl Gómez.