Le geste simple et réconfortant lors des repas qui pourrait améliorer votre santé

28 septembre 2026



Manger est beaucoup plus que simplement s’alimenter. Autour d’une table, nous partageons aussi des conversations, des gestes et la présence d’autres personnes, une interaction quotidienne qui pourrait influencer bien au-delà de notre humeur.

Une nouvelle étude de l’Université Hébraïque d’Israël a analysé ce qui se passe dans l’organisme lorsque l’on fait face à un repas ou à certaines situations en compagnie d’une personne proche. Les chercheurs ont trouvé une connexion entre les relations sociales et divers mécanismes fondamentaux de régulation du corps.

Publié dans ‘Science Advances’, il révèle que les niveaux de glucose dans le sang après un repas sont plus bas lorsque l’on mange en compagnie que lorsque l’on mange seul. Après le même repas standardisé à base de glucides, les participants ont connu des pics de glucose plus faibles et une récupération plus rapide du glucose en présence d’autrui.

Le professeur Shir Atzil et l’étudiante en doctorat Monia Masalha de l’Université Hébraïque, ainsi que le docteur Shai Fuchs du Centre Médical Sheba (Israël), nomment ce principe la ‘ physiologie sociale’ : le corps humain se régule de manière plus efficace en présence d’interlocuteurs sociaux.

« Avant, nous pensions que le corps était un système isolé qui s’autorégulait », déclare le professeur Shir Atzil. Leurs résultats démontrent que la physiologie humaine est intrinsèquement sociale. « Être proche d’un être cher réduit l’énergie physique que le corps dépense pour s’autoréguler. Cela nous offre un bénéfice métabolique direct en restant ensemble et révèle une raison évolutive fondamentale pour laquelle les humains créent des liens : nos corps fonctionnent mieux lorsqu’ils agissent ensemble», ajoute Atzil.

« La régulation du sucre dans le sang ne dépend pas seulement de ce que nous mangeons, mais aussi de qui nous partageons le repas. Nos relations jouent un rôle biologique actif dans notre bien-être physique », souligne le chercheur.

L’EFFEct bénéfique va au-delà du glucose

L’effet s’est étendu au-delà du niveau de glucose sanguin. La proximité sociale a également amélioré la régulation de la température lors d’une exposition au froid et a réduit les réponses au stress chez les adultes et les bébés. Les bénéfices ont été observés même sans contact physique et n’ont pas été expliqués par une simple réduction du stress. Dans des expériences préenregistrées, les preuves suggèrent que la physiologie sociale est un principe général de la physiologie humaine.

L’étude comprenait quatre expériences et les chercheurs ont testé cette hypothèse dans plusieurs études préenregistrées :

– Glucose : 108 adultes ont participé à un test après avoir consommé 50 g de glucides, parfois seuls et parfois en couple. La réponse de glucose était plus faible et se rétablissait plus rapidement lorsqu’ils étaient accompagnés. L’aire sous la courbe (iAUC) a diminué d’environ 14,6% chez les mêmes individus.

– Thermorégulation : 116 adultes ont été exposés à une pièce à 12 °C. La réponse de la température de la peau était plus faible et la récupération plus rapide en présence du partenaire. La réduction de l’iAUC était d’environ 6,8% chez les participants.

– Réponse au stress : 115 adultes ont reçu un léger stimulus électrique. L’activation sympathique mesurée par la conductance cutanée était d’environ 1,9% plus faible en compagnie, bien que l’effet au sein de chaque individu ait été plus faible et n’ait pas atteint une signification statistique bilatérale.

– Bébés : 56 bébés ont été soumis à un stimulus auditif aversif seuls ou avec leur mère. La réponse sympathique était d’environ 2,6% plus faible lorsqu’ils étaient avec elle.

POURQUOI être avec quelqu’un pourrait aider le corps à se réguler

Les résultats offrent une nouvelle manière de comprendre la connexion humaine. Les relations ne se limitent pas à soutenir la vie émotionnelle des individus, mais pourraient aussi aider à réguler les systèmes les plus fondamentaux du corps.

Les chercheurs insistent sur le fait que la proximité sociale ne remplace pas les soins médicaux, la nutrition ni l’exercice. Toutefois, l’étude met en lumière un facteur important et souvent négligé en matière de santé : les personnes qui nous entourent.

L’étude ne démontre pas définitivement le mécanisme. Les auteurs envisagent plusieurs possibilités :

Atténuation des menaces : la présence d’une personne de confiance pourrait réduire la nécessité pour l’organisme de répondre par des mécanismes de défense.

Allostasie : le cerveau pourrait utiliser des informations sociales pour anticiper les demandes physiologiques et les réguler plus efficacement.

Corrégulation physique : le contact ou l’échange de chaleur entre personnes pourrait contribuer, notamment à la thermorégulation.

Sécurité et attachement : les relations proches pourraient offrir un contexte physiologique de sécurité.

Cependant, l’effet ne disparaissait pas en contrôlant le stress ni le contact physique, les auteurs concluent donc qu’aucune de ces explications ne suffit à elle seule à rendre compte des résultats.

Les chercheurs avertissent que ces expériences montrent des modifications physiologiques aiguës et modérées, mais ne prouvent pas que le fait d’être accompagné prévient les maladies ou apporte des bénéfices pour la santé à long terme. Néanmoins, le travail suggère que la présence de proches pourrait faire partie des facteurs qui interviennent dans la régulation quotidienne de l’organisme.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.