Une étude de l’Universitat Autònoma de Barcelona (UAB) et de l’Institut de Recherche Sant Pau (IR Sant Pau) a identifié deux composés capables d’activer des mécanismes de défense antioxydants qui pourraient réduire l’hypersensibilité à la douleur et les comportements dépressifs associés à la fibromyalgie.
Le travail, publié dans la revue Antioxidants, a utilisé des modèles de souris mâles et femelles chez lesquels ont été induits des symptômes tels qu’une sensibilité accrue au toucher, à la chaleur et au froid, ainsi que des comportements associés à un état dépressif, selon un communiqué de l’UAB publié ce mardi.
L’équipe a étudié le rôle du stress oxydatif et de l’inflammation dans ces processus et a traité les animaux avec du fumariate de diméthyle ou de la protoporphyrine IX de cobalt, deux composés susceptibles de renforcer les systèmes de défense de l’organisme face au stress oxydatif, mais qui agissent par des mécanismes différents.
Les deux traitements ont réduit l’hypersensibilité à la douleur et amélioré les comportements associés à un état dépressif, bien que le fumariate de diméthyle ait produit une réponse « plus marquée et plus rapide ».
ÉCHELLE MOLÉCULAIRE
À l’échelle moléculaire, les chercheurs ont observé différents mécanismes liés à l’équilibre oxydatif, à l’inflammation et à la plasticité neuronale, avec des effets qui « n’étaient pas exactement les mêmes » dans toutes les zones du système nerveux ni avec les deux traitements.
Le fumariate de diméthyle a produit une réponse moléculaire « plus étendue », tandis que la protoporphyrine IX de cobalt a présenté un profil plus spécifique.
Selon les auteurs, ces différences suggèrent que la douleur nociplastique — le type de douleur associé, entre autres, à la fibromyalgie — n’est pas liée à une perturbation uniforme de l’équilibre oxydatif dans l’ensemble du système nerveux, mais qu’il existe des changements spécifiques selon les régions cérébrales ou médullaires.
La description faite de ces différences dans l’article « pourrait contribuer à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la douleur et les altérations émotionnelles observées chez les patients ».
Les deux sexes ont répondu au traitement, tant sur le plan de l’hypersensibilité à la douleur que sur les comportements liés à l’état dépressif, mais dans certains paramètres de douleur, la récupération a été plus lente chez les femelles.