Test physique en moins de 10 minutes identifie les seniors atteints de cancer à risque de mortalité accru après un an

24 août 2026



   Une étude dirigée par le Parc Sanitari Pere Virgili (PSPV) et le Vall d’Hebron Institut de Recerca (VHIR) a mis en évidence l’existence d’un test physique de moins de dix minutes qui permet d’identifier les personnes âgées atteintes de cancer présentant un risque de mortalité plus élevé à l’issue d’une année.

   Ce travail, publié dans la revue spécialisée ‘The Journals of Gerontology: Series A’, s’est concentré sur la ‘Short Physical Performance Battery’ (SPPB), une évaluation fondée sur l’équilibre, la vitesse de marche et la force musculaire des membres inférieurs. Cette approche offre une capacité pronostique comparable à celle des outils d’évaluation de la fragilité issus d’études gériatriques bien plus complètes.

   Les chercheurs ont indiqué que, grâce à cet outil « objectif, rapide et facile à administrer », qui « peut être utilisé même par des professionnels de santé sans formation gériatrique spécialisée », on est parvenu à cette conclusion. Pour cela, 229 patients âgés de 65 ans et plus atteints de cancer du poumon, de la prostate, du cancer colorectal et d’autres affections gastro-intestinales ont été étudiés.

   Au départ, « les patients ont été évalués au moyen de trois outils différents de dépistage de la fragilité (SPPB, l’outil de triage ‘G8’ et l’Indice de Fragilité IF-VIG) » puis un suivi d’un an a été effectué « pour déterminer les résultats de survie », selon les auteurs, qui ont ajouté avoir observé que les personnes identifiées comme fragiles présentaient « plus du double de risque de décès que les patients non fragiles, même après avoir pris en compte l’âge, le sexe, le niveau d’instruction, la charge de comorbidités, l’état fonctionnel de base et la localisation de la tumeur primitive ».

   À ce sujet, le directeur général du PSPV, co-responsable du groupe de recherche sur le vieillissement, la fragilité et les transitions à Barcelone (REFiT BCN) du VHIR et principal enquêteur du projet ‘PROFIT’, le docteur Marco Inzitari, a soutenu que la fragilité « est un indicateur bien plus utile que l’âge chronologique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions thérapeutiques », car elle permet « d’évaluer la réserve physiologique et fonctionnelle de chaque personne et d’adapter le traitement à sa situation réelle ».

MOTIVATION DES DÉCISIONS THÉRAPEUTIQUES

   Ainsi, « deux personnes du même âge peuvent présenter une résilience très différente face au cancer et des capacités variées pour tolérer le traitement oncologique », a illustré le chercheur, après quoi il a ajouté que « les décisions thérapeutiques ne devraient pas être déterminées uniquement par l’âge ou par le type et les caractéristiques du cancer, mais par la réserve physiologique, la capacité et l’état fonctionnel de chaque personne et son niveau de fragilité ».

   Dans ce sens, les échelles de fragilité, qui permettent une évaluation intégrale de l’état physique et fonctionnel des patients, aident à optimiser l’intensité du traitement, permettent un suivi continu tout au long du processus de prise en charge oncologique et contribuent à préserver la qualité de vie. De plus, elles facilitent une approche multidisciplinaire.

   Enfin, après avoir exposé que la SPPB a été comparée aux deux autres outils de valorisation gériatrique, et qu’il a été observé que les trois démontrent une association significative avec la mortalité au terme d’un an, les chercheurs ont indiqué que la première et l’IF-VIG « démontrent une plus grande capacité à prédire » que le ‘G8’.

   « Plus précisément, les patients classés comme fragiles par la SPPB ont présenté plus de deux fois le risque de mourir que les patients non fragiles (2,53), montrant une capacité pronostique très proche de celle de l’IF-VIG (2,42), qui repose sur une évaluation gériatrique plus complète et nécessite considérablement plus de temps et de ressources », ont-ils soutenu.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.